Pièces auto d’occasion : tour d’horizon d’un filon méconnu

Peu d’individus connaissent le marché de la pièce automobile d’occasion. Et pour cause : l’achat de ces pièces reste relativement rare, comparé aux neuves. Il y a pourtant des affaires à réaliser.

Le marché de la pièce d’occasion pèse pour un peu moins de 2% du marché total de la pièce détachée
Le marché de la pièce d’occasion pèse pour un peu moins de 2% du marché total de la pièce détachée

Quelques chiffres permettent de mieux situer le marché de la pièce d’occasion au niveau mondial :

  • 53 milliards d’euros, c’est ce que représente le marché de la pièce détachée
  • 1 milliard d’euros, c’est ce que représente le marché de la pièce d’occasion

Intéressons-nous dans à la pièce d’occasion en commençant par les principaux acteurs qui interviennent en fin de vie des véhicules : les centres Véhicules Hors d’Usage (VHU).

Le métier des centres VHU est contrôlé par l’Etat. Il est sujet à une réglementation bien précise, fixée notamment par la directive européenne 2000/53/CE du 18 septembre 2000.

Cette directive fixe des objectifs chiffrés à atteindre au plus tard le 1er janvier 2015 :

  • Un taux minimum de réutilisation et de recyclage de 85% en masse du VHU ;
  • Un taux minimum de réutilisation et de valorisation de 95% en masse du VHU.

Ce sont près de 1,5 million de véhicules par an qui arrivent en fin de vie et qui sont traités, dépollués suivant la réglementation VHU. Les seuils exigés par l’Europe nécessitent la réutilisation des pièces d’occasion.

L’offre de pièce est ainsi détenu par environ 1 400 centres VHU avec des stocks de pièces démontés et contrôlés qui peuvent varier de quelques centaines de pièces jusqu’à près de 100000 pour les plus grosses structures.

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Un stock conséquent certes, mais quels sont les risques à l’utilisation des pièces de seconde main ?

Certaines pièces de sécurité ne sont pas réutilisables. C’est le cas des airbags. Il y a deux types de pièces réutilisées :

  1. Les pièces de carrosserie, les phares, l’intérieur et tout ce qui ne relève pas de la fonction première d’un véhicule. Ce sont les pièces d’occasion les plus sûres.
  2. Les pièces mécaniques sont généralement rachetées par des professionnels qui, de par leur expertise, peuvent rapidement en connaître l’état.

Dans les deux cas, une pièce d’occasion est vendue avec une garantie, qui peut s’étendre de 3 mois (minimum légal) à 12 mois.

Dans le cas où le montage est effectué par un professionnel, et nombreux sont ceux qui acceptent de réaliser une réparation avec des pièces d’occasion, le client bénéficie des conditions de garantie de celui-ci.

Les risques sont similaires à ceux de la réparation avec des pièces neuves alors quel est l’intérêt de se tourner vers des pièces d’occasion ?

Le principal intérêt est le prix. En effet, une pièce d’occasion peut revenir entre 30% et 80% moins chère qu’une pièce neuve. Le second intérêt est d’ordre écologique. En redonnant une seconde vie à une pièce, c’est la fabrication d’une autre, neuve, qui peut être évitée.

Je suis allé voir dans une casse pour changer un phare de Peugeot 206 mais celui-ci m’a dit qu’il ne l’avait pas…

C’est tout l’enjeu du métier : garder en stock les pièces recherchées sans pour autant en garder un trop grand nombre, question de place. C’est pourquoi on ne trouve jamais de tout dans toutes les casses.

Quelles sont les solutions par rapport à la disponibilité de chaque pièce ?

En 2006 a été créé le site internet FranceCasse. Il a permis à la filière d’avoir accès à ce nouvel eldorado, internet. Le client peut transmettre par un simple mail sa recherche à de nombreuses casses partout en France.

En 2010, c’est Opisto qui entre en course. Son créateur Laurent Assis-Arantes raconte :

« Lorsque j’ai participé au 4L Trophy, j’ai découvert le métier de la casse automobile. En tant que client j’ai vu les difficultés à trouver la pièce que l’on cherche. Du coté des employés j’ai également identifié les problématiques qu’ils rencontraient pour subvenir aux demandes. Je me suis ainsi penché précisément sur le métier et j’ai compris que pour vendre de la pièce d’occasion il fallait non pas de la demande mais plutôt de l’offre. Pour cela je suis parti à la rencontre des centres VHU et leur ai exposé mon idée : si vous aviez un logiciel vous permettant de gagner du temps sur toute la partie administrative, réglementaire et vous permettant de gérer votre stock de manière simple et que ce stock serait réuni puis diffusé sur internet ? »

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Le projet a bel et bien été réalisé. La société de Laurent a fêté sa troisième année en juillet 2013 et le site internet http:/www.opisto.fr est en ligne depuis deux ans. Il se « remplit » au fur et à mesure que les centres VHU rejoignent la «communauté Opisto».

Le site propose à ce jour plus de 90 000 pièces d’occasions en France, comme des rétroviseurs, des moteurs, des feux arrière et des optiques avant. Il ne reste plus qu’à faire connaître davantage cet outil, auprès des centres VHU et automobilistes, pour que le succès soit total.